Mercredi 12 août 2009
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On a parlé des femmes et de l'influence que notre principe devait avoir sur elles ! Nous ne récusons pas cette influence ; mais, à notre avis, elle doit être bienfaisante et utile. Ce n'est pas
dans l'infériorité prétendue de leurs facultés, comparées aux nôtres, que nous voulons placer pour elles la base du devoir. Cette infériorité, nous la nions. Nous voulons que l'homme voie dans
sa compagne son égale en intelligence, son égale de par Dieu et la nature.
Trop longtemps la femme a élé réduite à la nécessité de reconquérir par la ruse des droits que la force seule avait usurpés. Voici
venir une croyance réparatrice et tutélaire, qui, ôtant tout prétexte à l'oppression, rétablit dans sa dignité la plus belle moitié du genre humain.
Les femmes ont compris que la doctrine de l'Enseignement Universel était une doctrine amie. Partout elles l'ont reçue avec
empressement. Appelées au rôle touchant et sublime de mères, elles ont accueilli un bienfait qui brise le joug de la routine explicatrice, et qui leur restitue le plus doux comme le plus noble
de leurs privilèges, l'éducation de leurs enfans. Ce privilége, elles le garderont avec un soin jaloux, elles ne le céderont pas au pédantisme abrutissant, elles se rappelleront que
l'Enseignement Universel est principalement l'enseignement des mères.
C'est par les femmes que la race humaine sera régénérée. C'est d'elles que les hommes tiendront cette première éducation si
importante pour le reste de la vie et dont les traces ne s'effacent jamais. Grâces à leurs soins, la cabane du pauvre ne sera plus déshéritée d'instruction. Cette instruction sera, pour chaque
famille , un lait bienfaisant qui coulera des lèvres d'une mère. Alors l'éducation , si coûteuse aujourd'hui, l'éducation, ce luxe de la civilisation moderne qu'envie le pauvre, mais auquel son
indigence ne lui permet pas d'aspirer, l'éducation du peuple sera sans frais ! Nos législateurs seront dispensés de la porter au budget de l'état, et de lui allouer, d'une main avare, les
cinquante mille francs qui devaient défrayer l'instruction primaire de trente-deux millions d'hommes.
Par Joseph Jacotot
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Publié dans : Textes de Benjamin Laroche
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