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    <title><![CDATA[le blog joseph-jacotot (Durietz: extraits choisis)]]></title>
    <link>http://www.joseph-jacotot.com/categorie-1067723.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Durietz: extraits choisis&quot; du blog &quot;le blog joseph-jacotot&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Wed, 21 Jul 2010 21:51:40 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Wed, 21 Jul 2010 21:51:40 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010 www.joseph-jacotot.com</copyright>            <category>Durietz: extraits choisis</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Théorie de l'enseignement universel par A. Durietz - 1829 - Introduction.]]></title>
        <link>http://www.joseph-jacotot.com/article-10315957.html</link>        <description><![CDATA[
  <div style="text-align: justify; color: rgb(0, 0, 128); font-family: Comic Sans MS; background-color: rgb(255, 255, 204);">
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3" style="font-weight: bold;"><font size="5"><span style="font-family: Times New Roman;"><br>
      Traité complet<br>
      <font size="4">de la</font><br>
      <font size="6">Méthode Jacotot<br>
      <font size="2"><br style="font-family: Courier New;"></font></font></span></font><font size="2"><span style="font-family: Courier New;">RENDUE ACCESSIBLE À TOUTES LES INTELLIGENCES<br>
      <br></span> <span style="font-family: Courier New;">OUVRAGE DÉDIÉ<br>
      <br></span></font> &nbsp;<span style="font-family: Times New Roman;">aux institutions, aux pères de famille, à toutes les personnes qui s'occupent d'éducation</span><br>
      <br>
      <span style="font-family: Verdana;">PAR M. A. DURIETZ</span><br>
      <br>
      <font size="2" style="font-family: Courier New;">Membre de plusieurs sociétés savantes,ex-professeur aux Ecoles centrales, ex-directeur d'instruction publique et privée, et l'un des plus
      anciens propagateurs de la Méthode</font><br>
      <br></font> <font size="3"><span style="font-family: Courier New;">QUATRIÈME ÉDITION</span></font><font size="3" style="font-weight: bold;"><br>
      <br>
      <span style="font-family: Tahoma;">PARIS<br>
      <br></span> <span style="font-family: Courier New;">L. DUREUIL, PLACE DE LA BOURSE</span><br style="font-family: Courier New;">
      ***<br>
      1829<br>
      ___________________________________________<br>
      <br>
      <br>
      Théorie<br>
      de<br>
      l'Enseignement universel.</font><br style="font-weight: bold;">
      <br style="font-weight: bold;">
      <font size="3" style="font-weight: bold;">Introduction essentielle</font>
    </div><font size="3"><br>
    <span style="font-style: italic;">Page 1</span><br>
    La méthode Jacotot, ou l'Enseignement universel, est une expérience faite sur l'entendement humain, qui, sans être nouvelle, par la manière dont son auteur a su la reproduire, et la puissante
    impulsion qu'elle donne aux jeunes esprits, s'applique avec un égal succès à l'enseignement de toutes les sciences, assure aux élèves des progrès frappans dans toutes les branches des
    connaissances humaines et qui paraîtraient tenir du prodige, s'ils ne reposaient sur des faits de la plus incontestable évidence, sur des résultats à l'abri de toute controverse.<br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Quelque imposante que puisse paraître une telle assertion, il peut rester&nbsp; dans l'esprit de ceux qui ignorent ces résultats certains doutes contre lesquels ils sont
    souvent sans armes: avant d'accorder une foi entière à un fait, quelque fidèle qu'en soit l'autorité, on veut en connaître l'origine et la cause, et comment elles opèrent. Plus la marche de la
    méthode sera rapide, étonnante, plus grande sera la disposition au doute, jusqu'à ce que l'expérience ait achevé de produire enfin la conviction. Reconnaissant alors des résultats d'une évidence
    géométrique, la simplicité de ses principes, l'immensité de ses applications, l'excellence enfin de la méthode, on n'hésitera plus à en faire jouir les élèves. La doctrine de l'Emancipation
    intellectuelle est éternelle comme la vérité.<br></font>
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3">*******</font>
    </div><font size="3"><span style="font-style: italic;"><br>
    Page 2<br>
    <br></span> &nbsp;&nbsp;&nbsp; On s'étonne avec raison que l'instruction ait été si long-temps privée d'un secours si extraordinaire. La réponse est facile: de ce que les sciences ont été créées,
    organisées, sans que la marche suivie pour leur acquisition ait été suffisamment observée, analysée; de ce que l'esprit de l'homme ne se meuble de connaissances solides et durables qu'en
    comparant celles qu'il connaît avec celles qu'il ne connaît pas encore; que les principes de l'Enseignement universel reposant sur la nature de l'intelligence humaine, on peut compter avec
    certitude sur leurs résultats; que les vieilles routines comme les corps célestes, tournant sans cesse dans les mêmes orbites, l'élève y roule avec elles dans le chaos métaphysique, et
    s'évertuant de l'inconnu au connu pendant sept ou huit années, jusqu'au moment où, brisant les entraves des <span style="font-style: italic;">supins</span> et <span style=
    "font-style: italic;">deponens</span>, il sente le besoin d'études plus substantielles.<br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Un homme a fait de nos jours plus que tous ses prédécesseurs pour débrouiller le chaos de l'enseignement en faveur d'une jeunesse studieuse, réduite naguère à sécher sur des
    travaux aussi fastidieux que pénibles pour apprendre mal peu de choses, à dévorer des années d'ennui avant de pouvoir faire usage de ses facultés naturelles, et secouer le joug sous lequel des
    traficans de ténèbres, à l'abri d'un monopole opresseur s'efforcent d'enchaîner l'intelligence. Cet homme, que la France nommera un jour avec orgueil, est <span style=
    "font-style: italic;">Monsieur Jacotot</span>, qui, depuis douze années répand les bienfaits de l'<span style="font-style: italic;">émancipation intellectuelle</span>, en dépit de la formidable
    controverse des intérêts blessés, de l'orgueil humilié. Celui qui a su se frayer une route aussi sûre, aussi lumineuse, a acquis des droits à la reconnaissance générale: son nom appartient à la
    postérité.<br>
    Aussi l'Enseignement universel faisait des prodiges en Belgique, et à peine si nous nous en doutions en France; ce qui, à vrai dire,&nbsp; ne fût peut-être pas arrivé, si son fondateur avait jugé
    à propos d'exposer plus clairement la théorie et la pratique de sa méthode.<br></font><font size="3">&nbsp;&nbsp;&nbsp; Considérant que ce serait s'associer à ce grand bienfait que d'en rendre
    les procédés et les exercices accessibles&nbsp; à toutes les intelligences, n'eussions-nous contribué qu'à les répandre, nous avons osé en entreprendre la tâche, résolus d'emprunter nos matériaux
    à toutes les sources lucides qui nous en offriront de convenables, pour éclairer notre marche et remplir nos vues, en n'employant que ceux que le fondateur lui-même a consacrés dans ses propres
    ouvrages.<br>
    <br></font>
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3">******</font>
    </div><font size="3">Page 3<br>
    <br>
    Avant d'entrer dans la matière, saisissons le fil qui doit nous guider. En partant de ce fait que la méthode consiste à se mettre en face d'un art ou d'une science qu'on veut acquérir, à en
    considérer séparément tous les faits, c'est à dire les examiner, les étudier d'abord dans leur ensemble, ensuite les décomposer, les séparer pour les examiner un à un, jusqu'à ce qu'on en ait
    obtenu des idées claires et nettes. On&nbsp; recompose alors son sujet en combinant de nouveau l'ensemble de ses élémens, et recherchant les causes et les effets, observant tous les rapports qui
    les lient entre eux, jusqu'à ce qu'on ait bien saisi cet ensemble, et que, bien compris, les faits s'enchaînent dans notre esprit pour n'y former qu'un seul tout. Nous ajouterons que cette marche
    s'étend à toutes les branches des connaissances humaines, quelles qu'en soit la nature, soit physique, soit morale<br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette indication, que nous développerons ailleurs d'une manière plus étendue, doit suffire maintenant pour arriver à cette observation qu'il n'était encore venue à l'esprit de
    qui que ce fut ( on la doit à M. Jacotot) que cette méthode, incontestablement la meilleure pour découvrir comment, en général, les sciences ont été créées, pourrait bien être aussi la seule
    bonne pour les enseigner. Honneur et gloire à celui qui, le premier, mit au jour cette heureuse conception, qui, le premier, aperçut dans les deux cas l'identité de raison pour l'appliquer à
    l'émancipation intellectuelle.<br>
    Une idée si ingénieuse est devenue pour nous un trait de lumière. Nous avons pensé que la méthode la plus sûre pour faire découvrir les principes des sciences pourrait aussi nous conduire à
    trouver comment la méthode elle-même a été découverte, en remontant aux sources identiques d'où son auteur a su la faire jaillir, c'est à dire à la révolution philosophique du dix-huitième
    siècle. Essayons de mettre en évidence une proposition si essentielle au développement de notre théorie; à mesure que nous avancerons, de nouveaux rapports se multiplieront, devant nous pour en
    établir l'incontestable analogie.<br>
    <br>
    <br></font>
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3">******</font>
    </div><font size="3"><br></font><font size="3">Page 4<br>
    <br>
    Le caractère du dix-huitième siècle n'a été, pour ainsi dire, qu'une lutte opiniâtre contre l'esprit du moyen-âge et la victoire définitive de l'indépendance humaine sur le principe philosophique
    de cet âge informe. Veut-on des preuves de la justesse de cette assertion? Il suffit de remonter jusqu'aux divers systèmes qui prévalaient alors, qui ont des racines profondes dans l'espèce même
    de la philosophie de ces âges pour se développer sous des formes plus larges et plus libérales.<br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; On ne conçoit bien un mode d'enseignement qu'après l'avoir scruté dans ses rapports, dans son caractère, et sur la foi de la vérité qu'il paraît renfermer. S'il est important
    d'arriver à la solution d'un problème par une judicieuse investigation, il ne l'est pas moins de s'assurer de l'espèce et de la diversité des rouages et des antécédens mis en oeuvre, si l'on veut
    obtenir des résultats comparables et remonter jusqu'aux principes mêmes qui ont concouru à sa découverte.<br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Le résultat de notre exploration nous conduit visiblement au développement des principes de l'émancipation intellectuelle.<br>
    Achevons d'en produire la preuve;<br>
    Ainsi en se reportant à la philosophie du dix-huitième siècle, on y reconnait deux bases fondamentales: le développement SPONTANÉ et la RÉFLEXION. D'où il résulte que l'instrument de la réflexion
    n'est autre que l'analyse, c'est à dire la décomposition ou séparation de ce qui est complexe. La réflexion a-t-elle observé un phénomène? Il faut qu'elle le reproduise sous de nouvelles formes,
    jusqu'à ce qu'elle soit parvenue à le reconnaître dans toutes ses apparences et par tous ses attributs. Toutes ces parties étudiées,&nbsp; reste à chercher les rapports qui les lient entre elles,
    pour les reconstruire dans leur intégralité primitive.<br>
    Or cette séparation ou décomposition d'un seul tout, ayant reçu la dénomination d'ANALYSE, sa recomposition ou la recollection de toutes ses parties prendra la dénomination de synthèse. Ainsi,
    décomposer un tout primitif sera l'oeuvre de l'analyse, et le recomposer de toutes pièces sera l'oeuvre de la synthèse. Telles sont les deux opérations vitales qui constituèrent la méthode du
    dix-huitième siècle. Il est juste d'observer que les siècles précédens avaient plus ou moins participé à la gloire de cette grande découverte; il était réservé au dernier de la faire briller de
    tout son éclat.<br>
    <br></font>
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3"><br>
      <br></font>
      <div style="text-align: left;">
        <font size="3">Page 17<br>
        <br></font>
        <div style="text-align: justify;">
          <font size="3">Les générations précédentes eurent sans contredit leur jeunesse relative. L'antiquité elle-même retentit d'éloges d'une antiquité plus reculée. Mais nous, Modernes,&nbsp; qui
          avons recueilli, accumulé tout ce que la vie humaine, le temps et l'antiquité ont produit d'expérience sur les hommes et sur les choses, c'est nous qui sommes à notre tour <span style=
          "font-style: italic;">les barbes grises</span>, nous qui sommes entrés dans la lice d'une enseignement vital, forts de tous ces avantages! N'importe... point d'innovations! Mais toute
          institution a commencé par être une innovation, ou bien tout ce qui existe était mauvais dans son origine? De là, point de vaccine, point d'enseignement mutuel ou primaire, point
          d'émancipation intellectuelle, rien même de ce qui sera généreux et utile. Stationnaires isolés de tout mouvement social, nos universitaires continueront à s'endormir dans une douce
          quiétude; aucune idée de réforme, d'amélioration ni de concurrence ne viendra troubler leur avenir dans un système en désharmonie avec nos moeurs, les nécessités et les buts de la société
          actuelle.<br>
          &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C'est ainsi qu'une jeunesse avide d'instruction continuera, sous leur <span style="font-style: italic;">bon plaisir</span>, à pâlir sous des thèmes, à balbutier des
          vers latins, des amplifications ampoulées, et terminant enfin cet utile système par des ergoteries qualifiées de <span style="font-style: italic;">logique</span>, ou ce ramas de lieux
          communs sous le nom de <span style="font-style: italic;">philosophie</span>; rien d'usuel, aucune connaissance spéciales ne seront appelées à rendre les jeunes gens propres au commerce, aux
          voyages, à tous les genres d'industries. Sortis du collège la tête emplie de Grecs et de Romains, ignorans de tout ce qui les entoure, c'est ainsi qu'ils seront préparés au choix d'un état
          honorable, à rendre un jour d'éclatans services à l'Etat, à la patrie, à eux-mêmes.<br>
          <br>
          ******<br>
          Page 18<br>
          <br>
          N'est il pas admirable qu'à travers les flots de lumière répandus par torrens dès le dix-huitième siècle, et qui par l'irrésistible mouvement social qu'ils déterminèrent, préparaient la
          ruine de tous ces système poudreux, tant de riches monumens soient restés stériles pour l'enseignement du jeune âge; qu'il se traîne encore dans le fatras scolastique sous la lisière des
          vieux erremens, sous le joug de l'arbitraire et du monopole? Croirait-on qu'en présence de matériaux si nombreux, dont nous venons de&nbsp; parcourir l'imposante et riche nomenclature, rien
          ou presque rien, n'ait été créé dans l'intérêt de la jeunesses; que pas un seul code d'exercices-pratiques et satisfaisant n'avait ( avant celui dont M. Jacotot vient de lui rendre le
          bienfait)&nbsp; été conçu, exécuté sur les traces de nos grandes illustrations pour favoriser le début des jeunes élèves! Est-ce enrichir leur entendement que de commencer par
          l'abrutissement du jargon métaphysique des langues, dont une partie, purement philosophique, est au-dessus de leur portée; que l'autre, n'étant pour eux qu'un vain ramas de mots, ne se
          rattache à rien de ce qu'ils connaissent? des mots! Est-ce là le stimulant le plus propre à fertiliser de jeunes esprits, sur qui reposent tant de nobles espérances?<br>
          <br>
          &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; N'est-ce pas plutôt à développer, à meubler la mémoire en perfectionnant l'entendement, que doivent tendre tous les efforts, en dirigeant toutes les puissances
          d'attention sur le premier âge, sur ce qui, frappant fortement ses sens, est le plus apte à l'intéresser vivement? Sachez donc fixer cette attention, non par la contrainte et l'ennui, mais
          piquez, entretenez cette curiosité si facile à mettre en action par un attrait aimable, et vous vous convaincrez combien il existe à cet âge de sentimens et de raison, si vous avez su y
          rattacher l'aliment convenable, en harmonie avec le modèle précieux qu'assigne la méthode.<br>
          <br>
          C'est par nos sens que pénètre dans l'âme l'impression de nos premières idées. En vain chercherait-on à y faire rentrer des notions abstraites avant d'y avoir fait germer les premières.
          Combien de jeunes esprits se formeront-ils à la connaissance des choses d'ici-bas, si le plus grand nombre d'objets sensibles n'a été soumis d'avance à l'action de leurs facultés, que,
          témoins des faits, ils naient été mis à portée de les comparer, d'en saisir les analogies? Quelle espèce d'idée concevra l'enfant, si le spectacle d'un monde animé n'a été pour lui un sujet
          préalable d'analyse continuelle et d'observation ?<br>
          <br>
          Page 19-21<br>
          <br>
          M. Jacotot révèle à l'homme qu'il peut tout ce qu'il veut; qu'il ne dout pas se laisser abattre par la supériorité de ceux qu'il prend pour modèle, mais s'efforcer de les atteindre, de les
          dépasser même s'ils s'arrêtent. A ces encourageans principes se joint un système d'agrégation entre les diverses branches d'enseignement, tel que les élèves, après deux ou trois années
          d'études, répondent sur le grec, sur le latin, sur la philosophie, sur les mathématiques, sur l'histoire, sur la géographie, de manière à se faire recevoir, comme on le dit encore, au rang
          de bacheliers es lettres. Que de jeunes demoiselles, après deux ou trois années de travail savent en histoire, en géographie, en mathématique, tout ce qu'il en faut; connaissent une ou deux
          langues étrangères; savent le français de manière à produire en peu d'instant sur des mots donnésà volonté des morceaux littéraires, moraux ou philosophiques, tels que nous en verrons
          ailleurs chacun à leur article. Que les mêmes élèves en se récréant, et sans nuire à d'autres exercices, peuvent apprendre la musique et le dessin, de manière à improviser et à exécuter un
          chant avec accompagnement de piano, sur un sujet donné, et à dessiner ou peindre tout ce qui se présente d'après la bosse ou d'après nature.<br>
          <br>
          Quel que soit en lui-même le nombre des élémens de la méthode, on peut le renfermer en trois parties principales: une partie MNÉMONIQUE, une partie ANALYTIQUE, et une partie
          SYNTHÉTIQUE.<br>
          <br>
          La première consiste à confier un livre ou un texte quelconque à la mémoire, et à le répéter tous les jours.<br>
          <br>
          La seconde est analytique en ce qu'elle oblige l'élève à réfléchir sur ce qu'il a appris apr coeur, et à distinguer de lui-même les mots et les rapports qui unissent les idées.<br>
          <br>
          La troisième est synthétique, puisqu'elle dirige l'élève à mettre en oeuvre, dans des compositions variées, les matériaux qu'il a rassemblés dans les deux premières sous les noms de&nbsp;
          DÉVELOPPEMENS, IMITATIONS, PORTRAITS, PARALLÈLES, DECRIPTIONS ANIMÉES, SYNONYMES D'EXPRESSIONS, DE PENSÉES, DE RÉFLEXIONS etc.&nbsp;<br>
          <br>
          C'est dans la manière dont Monsieur Jacotot fait employer ces trois procédés qu'il faut chercher le caractère distinctif de sa méthode.<br>
          1° Apprenez un livre par coeur, répétez-le sans cesse pour ne pas l'oublier, et rapportez-y tous les autres livres, ou bien, sachez quelque chose, et rapportez-y tout le reste. ce qui
          signifie:&nbsp; quand ce reste, qui vous est inconnu, se présentera à vos yeux, rendez-vous en compte, expliquez-le par ses ressemblances avec ce que vous avez appris. Cette partie,
          entièrement analytique, est toute de réflexion. Elle doit utiliser le dépôt déjà confié à la mémoire pour l'appliquer à de nouvelles combinaisons, et en tirer le plus grand parti possible.
          Cette analyse doit toujours être <span style="font-style: italic;">spontanée</span> de la part des élèves.<br>
          <br>
          <br>
          Page 22.<br>
          <br>
          Or, savoir un livre et y rapporter tous les autres, comprend toute la méthode, en ce que les autres livres ne sont autre chose que le commentaire ou le développement des idées contenues
          dans le premier; En un mot, rapportez toutes les liaisons d'idées des autres livres à celles du livre modèle, il ne s'agit plus que de voir en quoi tout cela diffère ou se ressemble; de
          confronter les styles en exerçant l'élève à comparer toutes les peintures d'un même sentiment, à faire avec soin l'examen des mots, des expressions etc. nous ne saurions désormais les
          prononcer sans réveiller en nous les idées que nous y attachons, car si, dans une circonstance analogue, nous éprouvions le même sentiment, l'expression se représenterait d'elle-même. C'est
          ainsi que toutes les définitions sont extraites de la connaisance de faits généralisés. Voyez donc les faits, ils vous fourniront des réflexions. Veut-on, par exemple, parler de la vanité,
          de la présomption, etc. , en regardant le fait dont ils sont le signe, nous aurons la perception de la chose et nous la définirons.<br>
          <br>
          Ainsi cette chose à apprendre quand il s'agit des langues, c'est un livre. pour le latin, c'est l'EPITOME avec la traduction en regard; pour le français, et les langues étrangères, c'est
          TÉLÉMAQUE.<br>
          <br>
          Car tout se trouve dans ce livre; style élégant, récits variés, éloquence douce, vertueuse et persuasive sont les qualités précieuses qui justifient le choix du modèle: Télémaque est le
          livre de l'enfance comme celui de l'âge mur.<br>
          <br>
          Page 23<br>
          <br>
          PREMIER PRINCIPE<br>
          <br>
          Un bon système d'enseignement doit aider à la fois l'esprit et la mémoire; présenter d'abord les idées dans l'ordre le plus facile à saisir, ensuite les offrir à la mémoire de manière à les
          faire retenir promptement et en évoquer le souvenir à volonté.<br>
          <br>
          SECOND PRINCIPE<br>
          La même méthode qui seule a pu faire découvrir toutes les sciences, est aussi la seule qu'on puisse employer pour les enseigner.<br>
          <br>
          TROISIÈME PRINCIPE<br>
          Mais pour devenir savant, il ne suffit pas d'avoir appris, il faut encore avoir retenu, et pouvoir retrouver à volonté les connaissances que l'on a acquises.<br>
          <br>
          QUATRIÈME PRINCIPE<br>
          Pour donner à la mémoire toute sa puissance, l'homme doit s'appliquer à associer toutes ses idées entre elles. Il doit se former d'abord un centre ou un noyau d'idées qu'il sache retrouver
          toujours à volonté, puis s'efforcer d'y attacher sans cesse et d'y lier ses connaissances nouvelles, afin d'en former un seul tout inséparable, et dont aucun epartie ne puisse s'offrir à
          son esprit sans réveiller aussitôt le souvenir de toutes les autres. On verra ailleurs combien cette application est ingénieuse et féconde.<br>
          <br>
          CINQUIÈME PRINCIPE<br>
          Après avoir décomposé un fait et compris ses élémens, on cherche à le recomposer; on compare, on combine tous ses rapports un à un, deux à deux etc. On recherche leurs causes et leurs
          effets, jusqu'à ce que l'on se soit formé des idées claires de chaque groupe délémens, et enfin du fait entier; puis on les recombine entre eux, en s'attachant toujours à saisir les
          rapports qui les unissent, à remonter des faits à leurs causes, aux lois qui les régissent, jusqu'à c equ'on ait bien compris chaque groupe de faits, et enfin tout leur ensemble. la science
          qu'on voulait découvrir est alors tout à fait connue.<br>
          <br>
          Ainsi, DÉCOMPOSER d'abord pour observer les faits, ou leurs élémens, un à un; puis RECOMPOSER en comparant les faits entre eux, jusqu'à ce qu'ils ne fassent qu'un seul tout, telle est, en
          résumé, la marche à suivre pour arriver à connaître également bien les moindres applications et les principes les plus élevés d'une science. La nécessité de se soumettre à cette marche
          n'est plus contesttée aujourd'hui dans le monde savant; mais il n'était encore venu à l'idée de eprsonne que cette marche pour découvrir les sciences pourrait bien être aussi la seule bonne
          pour les enseigner.<br>
          <br>
          <br>
          <br>
          Page 33<br>
          <br>
          Ainsi Monsieur Jacotot pense imperturbablement que l'<span style="font-style: italic;">intelligence est égale chez tous</span>. cette opinion, qu'il avance avec une grande force de
          conviction, a pu armer la critique contre son système; mais si on la considère, par ses heureux résultats, comme la force de volonté qui anime et transporte les élèves au-delà des limites
          intellectuelles de leur âge, elle ne s'en généralise que mieux et on peut la traduire dans cette assertion: <span style="font-style: italic;">l'intelligence humaine est sans
          bornes</span>.<br>
          <br>
          Disons donc aux élèves qu'ils sont égaux en intelligence, que le temple des sciences est ouvert à tous, que qui que ce soit n'a acquis le droit de donner à un autre un brevet d'incapacité
          et d'ignorance. C'est&nbsp; ainsi que la méthode sait relever le courage humilié, arracher à l'orgueil l'arme insolente du mépris; que ses résultats qui ne cessent d'être l'apanage de
          nobles efforts, d'un travail soutenu et d'une volonté persévérante.<br>
          <br>
          En effet, persuader un élève qu'il est sans aptitude à s'instuire, que la nature l'a déshérité en le condamnant à un degré d'infériorité intellectuelle, n'est-ce pas comprimer d'avance les
          efforts de son esprit? Opinion décourageante, qui ne peut tendre qu'à paralyser les progrès de l'intelligence, étouffer tout sentiment d'émulation.<br>
          <br>
          Ce n'est pas, dit M. Jacotot, la simple capacité d'apprendre qu'il s'agit de proclamer chez les hommes, mais la capacité de tout apprendre. L'élève, convaincu de l'égalité des
          intelligences, ne sera plus tenté de se retrancher derrière son incapaciét prétendue, et, bon gré mal gré, il faudra qu'il marche de pair avec ses camarades. Ne serait-il pas ridicule
          d'entreprendre de faire étudier ceux que l'on croit incapables d'apprendre, or, d'après la méthode, celui qui peut apprendre quelque chose peut TOUT&nbsp; apprendre.<br>
          <br>
          Après avoir suivi l'auteur pas à pas dans la découverte de sa méthode et en avoir exposé la théorie, il ne nous reste plus maintenant qu'à en développer la pratique par l'explication
          détaillée de ses diverses branches.<br>
          <br></font>
          <div style="text-align: center;">
            <font size="3">___________________________________________________</font>
          </div><font size="3"><br>
          <br>
          <br>
          <br></font>
        </div>
      </div>
    </div><font size="3"><br></font>
  </div>

  
]]></description>
        <pubDate>Thu, 24 May 2007 09:00:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.joseph-jacotot.com/article-10315957.html</guid>
                <category>Durietz: extraits choisis</category>        <comments>http://www.joseph-jacotot.com/article-10315957-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Traîté complet de la méthode Jacotot: Lecture, écriture, orthographe]]></title>
        <link>http://www.joseph-jacotot.com/article-5317207.html</link>        <description><![CDATA[
  <div style="text-align: justify; color: rgb(0, 0, 128); font-family: Verdana; background-color: rgb(255, 255, 204);">
    <div style="text-align: center;">
      <font size="2" face="Comic Sans MS"><br>
      <br>
      <font size="5">LANGUE MATERNELLE</font></font><font face="Comic Sans MS"><br>
      <br></font><font size="2" face="Comic Sans MS">-----------------------------------------</font><font face="Comic Sans MS"><br></font><font size="2" face="Comic Sans MS"><span style=
      "font-weight: bold;">LECTURE, ÉCRITURE, ORTHOGRAPHE</span>.</font><font face="Comic Sans MS"><br>
      <br></font><font size="2" face="Comic Sans MS">____________________</font><font face="Comic Sans MS"><br>
      <br>
      <br style="font-style: italic; font-weight: bold;"></font><font size="2" face="Comic Sans MS" style="font-style: italic; font-weight: bold;">LECTURE</font><font face="Comic Sans MS"><br style=
      "font-style: italic; font-weight: bold;"></font><font size="2" face="Comic Sans MS" style="font-style: italic; font-weight: bold;">PREMIÈRE LECON</font>
    </div><font size="2" face="Comic Sans MS"><br>
    <br>
    <font size="3"><br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; On suppose que l'élève a sous les yeux le premier livre de Télémaque; le maître montre à l'élève le premier mot et dit à haute voix: <span style=
    "font-style: italic;">Calypso</span>.<br>
    l'élève, en regardant ce mot, répète de même: <span style="font-style: italic;">Calypso.</span><br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Le maître répète en séparant chaque syllabe et montrant <span style="font-style: italic;">Calypso ne</span> ; l'élève répète de même, en montrant <span style=
    "font-style: italic;">Calypso ne.</span><br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Le maître recommence en séparant de nouveau chaque syllabe: <span style="font-style: italic;">Ca-lyp-so-ne</span>; l'élève répète et indique de même chaque syllabe.<br>
    Le maître revient, montre et prononce séparément toutes les lettres composant chaque syllabe: <span style="font-style: italic;">C, a, ca <span style="font-weight: bold;">-</span> l, y, p, lyp
    <span style="font-weight: bold;">-</span> s, o, so <span style="font-weight: bold;">-</span> n, e, ne.</span><br>
    <br>
    L'élève indique chaque lettre et répète.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; On montre à l'élève un <span style="font-style: italic;">c</span>, un <span style="font-style: italic;">a</span> , un <span style="font-style: italic;">l</span> etc., et
    successivement&nbsp; toutes les lettres des deux mots; le maître nomme lui-même celles qui sont oubliées, mais sans s'appesantir dans le commencement sur cet exercice.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Le maître nomme ensuite différentes lettres que l'élève doit indiquer successivement: un <span style="font-style: italic;">o</span>, un&nbsp; <span style=
    "font-style: italic;">l</span>, un <span style="font-style: italic;">a</span>, un <span style="font-style: italic;">p</span> etc., en variant les exercices de toutes les manières.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Alors on recommence la lecture en ajoutant un troisième mot: <span style="font-style: italic;">Calypso ne pouvait</span>; l'élève répète. Le nouveau mot est de même décomposé
    en syllabes, que l'élève répète; il essaie de retrouver quelques unes des lettres qu'il a vues dans les deux premiers. On lui indique celles qui se présentent pour la première fois, et on lui dit
    le nom des autres. on lui fait alors retrouver par la comparaison et nommer dans <span style="font-style: italic;">pouvait</span>, les lettres qu'il connait déjà:&nbsp; savoir le <span style=
    "font-style: italic;">p</span>, l'<span style="font-style: italic;">o</span>, et l'<span style="font-style: italic;">a</span>, ainsi que celles qu'il n'avait point encore aperçues. On lui fait
    répéter le mot pouvait en exigeant de sa part de plus en plus d'attention.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Ensuite, retournant à la lecture et ajoutant un mot à chaque reprise à ce qui a été lu précédemment, comme: <span style="font-style: italic;">Calypso ne pouvait se</span>,
    l'élève le répète.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; On vérifie si l'élève connait les lettres des trois premiers mots, et on en revient à la décomposition des mots, toujours en recommençant du premier mot de la phrase, et en
    ajoutant un mot de plus à chaque fois jusqu'à ce qu'on ait complété la première phrase: <span style="font-style: italic;">Calypso ne pouvait se consoler du départ d'Ulysse</span>, en revenant à
    chaque mot sur la vérification des lettres.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Quand la phrase a été ainsi achevée et analysée, on en fait recommencer la lecture à plusieurs reprises. En y ajoutant à chacune un mot différent. A un signal convenu, l'élève
    lit très lentement. A un second signal il lit plus vite et plus vite encore à un troisième; puis à d'autres signaux, il reprend le premier mouvement en varaint le ton de sa voix, et s'arrêtant
    même au milieu d'un mot, pour qu'un autre reprenne et continue la lecture.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Le premier avantage de cet exercice est qu'en plaisant aux élèves, il fixe leur attention et leur fait retenir la phrase par coeur. En leur apprenant à diriger leur voix, les
    accoutume à donner à toutes leurs actions cette attention continuelle qui deviendra plus tard la principale cause de leurs progrès futurs.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; On s'assure si l'élève distingue bien tous les mots les uns des autres, de manière à pouvoir montrer chacun d'eux et les nommer sans hésiter.<br>
    <br>
    On demande:<br>
    <span style="font-style: italic;">- pouvait</span><br style="font-style: italic;">
    <span style="font-style: italic;">- Ulysse</span><br style="font-style: italic;">
    <span style="font-style: italic;">- se</span><br style="font-style: italic;">
    <span style="font-style: italic;">- départ</span><br style="font-style: italic;">
    <span style="font-style: italic;">- Calypso</span> etc;<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Les mots oubliés ne lui sont rappelés qu'après des efforts inutiles de sa part pour les reproduire lui-même.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Quand il sait lire quelques mots, on lui fait apprendre les syllabes; par exemple:<br>
    - Combien de sons ou de syllabes dans <span style="font-style: italic;">Calypso</span>?<br>
    - Trois.<br>
    - Nommez-les.<br>
    - <span style="font-style: italic;">Ca - lyp - so</span>, etc.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Après la vérification des mots, on fait rechercher par l'élève toutes les syllabes qu'on peut former par la décomposition de chaque mot; Ainsi, le maître, après avoir fait
    nommer <span style="font-style: italic;">pouvait</span> montre et fait nommer successivement<br>
    <span style="font-style: italic;">- pou</span><br style="font-style: italic;">
    <span style="font-style: italic;">- ou</span><br style="font-style: italic;">
    <span style="font-style: italic;">- pouv</span><br style="font-style: italic;">
    <span style="font-style: italic;">- po</span><br style="font-style: italic;">
    <span style="font-style: italic;">- ai</span><br style="font-style: italic;">
    <span style="font-style: italic;">- cait</span><br style="font-style: italic;">
    <span style="font-style: italic;">- pouva</span><br style="font-style: italic;">
    <span style="font-style: italic;">- uvait, etc.</span><br style="font-style: italic;">
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; On ne doit jamais négliger les répétitions, qui doivent se renouveler chaque jour; car plus elles sont fréquentes, plus les progrès seront rapides. Qu'on&nbsp; fasse bien
    attention, surtout, si l'élève regarde quand on lui montre <span style="font-style: italic;">Calypso</span>. Observez s'il regarde ce mot en le prononçant. Souvent les élèves répètent les phrases
    sans les regarder ni écouter. Pour s'assurer s'il regarde, on lui demande où est <span style="font-style: italic;">pouvait</span>, où est <span style="font-style: italic;">so</span> etc.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; On indique à l'élève les syllabes qu'il ne sait pas retrouver seul, et on le fait revenir de préférence sur celles là, jusqu'à ce qu'il les ait retenues.<br>
    <br></font></font>
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3" face="Comic Sans MS">Apprendre et retenir, c'est tout l'Enseignement universel.</font><font size="3" face="Comic Sans MS"><br></font><font size="3" face="Comic Sans MS">Comme
      apprendre et oublier est la méthode de nos écoles.</font>
    </div><font size="3" face="Comic Sans MS"><br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; On n'est pas savant dit l'auteur par ce qu'on a appris, mais par ce qu'on a retenu, et toute acquisition doit être une acquisition durable, car n'est-ce pas perdre son temps
    que de l'employer à beaucoup de choses qu'on oublie à mesure?<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Que les élèves répètent donc les syllabes, les mots, les phrases qu'ils ont dans la mémoire. Chaque répétition leur fera découvrir quelque nouveau rapport, et c'est un des
    principes fondamentaux de la méthode:<br></font>
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3" face="Comic Sans MS"><br>
      Il faut tirer de chaque chose qu'on apprend toutes les connaissances qu'elle renferme.</font>
    </div><font size="2" face="Comic Sans MS"><font size="3"><br></font><br></font>
  </div>

  
]]></description>
        <pubDate>Wed, 23 May 2007 16:02:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.joseph-jacotot.com/article-5317207.html</guid>
                <category>Durietz: extraits choisis</category>        <comments>http://www.joseph-jacotot.com/article-5317207-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Durietz : A propos des compositions - 1]]></title>
        <link>http://www.joseph-jacotot.com/article-6193589.html</link>        <description><![CDATA[
  <div style="text-align: justify; font-family: Tahoma; background-color: rgb(255, 255, 204);">
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);"><br>
      <br></span></font><font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">Page 58&nbsp; à 60<br>
      <br>
      <span style="font-weight: bold;">DURIETZ</span><br></span></font><font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);"><span style="font-weight: bold;">LANGUE MATERNELLE</span><br>
      <br>
      Quatrième exercice - 1</span></font>
    </div><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);"><br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Faire des réflexions sur des passages ou sur des phrases détachées du Télémaque.</span></font><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">Ces premières réflexions, dit Monsieur Jacotot, que fera l'élève en lisant attentivement, <span style="font-style: italic;">vous instruiront de
    ce que vous pouvez attendre de lui</span>. Il apprend, par ces exercices, à ne se défier que de sa mémoire et de son attention.<br>
    <br></span></font>
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);"><span style="font-style: italic;">Ils peuvent tous voir quelque chose et l'exprimer.<br>
      <br></span>Exemple:<span style="font-style: italic;"><br style="color: rgb(0, 0, 128);"></span></span></font>
    </div><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">&nbsp;<span style="font-family: Times New Roman;">RÉFLEXIONS SUR LE PASSAGE DU COMBAT DE TÉLÉMAQUE CONTRE LE LION (LIVRE&nbsp;
      II)</span></span></font>
    </div><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">" L' homme courageux est toujours prêt à combattre, fût-il même sans armes. Il sait profiter des moindres avantages qu'il rencontre; il ne se
    trouble point à la vue du péril, quelque grand qu'il soit, et sa valeur augmente avec le danger."</span></font><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <div style="margin-left: 40px;">
      <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">Question -&nbsp; Que signifie le mot&nbsp; valeur?</span></font><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
      <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">Réponse - Le courage mis en action</span></font><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
      <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">D. - En quel passage de votre livre avez-vous lu cela?</span></font><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
      <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">R. - Dans ceux-ci: <span style="font-style: italic;">Long-temps sa valeur le soutint contre la multitude</span> ( Liv. II) <span style=
      "font-style: italic;">Je le suis de près, mais je ne puis égaler sa valeur</span> ( Liv. premier) <span style="font-style: italic;">Phalante avait un frère nommé Hippias, célèbre dans toute
      l'armée par sa valeur</span> ( Liv. XVI)</span></font>
    </div><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">On exige de plus, qu'il montre le fait qui lui a fait dire: <span style="font-style: italic;">Ne se trouble point</span>, et <span style=
    "font-style: italic;">Vue du péril</span> , et encore <span style="font-style: italic;">Quelque grand qu'il soit</span>.</span></font><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">&nbsp;&nbsp;&nbsp; On voit&nbsp; que ces compositions ne sont plus de simple imitations, mais le produit de ses propres réflexions d'après les
    faits de son livre. Ainsi, dit Monsieur Jacotot, quelque difficulté qu'éprouve l'élève à réfléchir sur un petit nombre de faits, il est bon qu'il apprenne à les combiner pour en tirer le plus
    grand nombre possible de réflexions.</span></font><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voilà la route, il ne faut point s'en écarter: le propre de l'intelligence est de saisir tous les détails du fait qu'elle
    considère, elle fait le triage de ceux qui peuvent l'éclairer sur l'objet de ses recherches. L'objet qu'on étudie, débarrassé, pour ainsi dire, d'enveloppes étrangères, paraît sous la forme qui
    lui est propre.</span></font><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il ne reste plus qu'à généraliser ce qu'on voit, l'expression transmet l'image de ce qu'on a pensé, avec les sentimens que
    l'on a éprouvés.</span></font><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les compositions que l'on va lire reposent sur ce principe.</span></font><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">&nbsp; Dans les commencemens, le maître propose lui-même les sujets de composition, en indiquant à l'élève les endroits de son livre où il peut
    puiser ses réflexions. Après que toutes ces réflexions ont été justifiées ainsi que nous le verrrons, on vérifie s'il comprend bien le sens de tous les mots dont il s'est
    servi.</span></font><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">&nbsp;&nbsp;&nbsp; Insensiblement l'élève s'étend davantage, sans jamais faire au hasard ce qu'on appelle des amplifications., <span style=
    "font-style: italic;">puisqu'il voit toujours ce qu'il dit dans les différens faits.</span></span></font><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">&nbsp;&nbsp;&nbsp; On peut lui donner de nouveau le même sujet à traiter sur le combat du lion, en demandant plus de détails, c'est-à-dire en
    regardant un plus grand nombre de faits sur le courage, la valeur, ainsi que cela pourra se voir dans les compositions sur ce sujet que nous allons produire.</span></font><br style=
    "color: rgb(0, 0, 128);">
    <br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">&nbsp;&nbsp; Il faut rejeter la plus exacte des réflexions, non pas comme mauvaise mais comme hors de la question proposée, si l'élève ne peut
    en montrer <span style="font-style: italic;">la source</span> dans le cercle où il a été enfermé à dessein.</span></font><br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <br style="color: rgb(0, 0, 128);">
    <font size="3"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">&nbsp;&nbsp; On prend ensuite successivement pour sujet de composition les vertus, les vices, les défauts ou les bonnes qualités; tels
    l'orgueil, la vanité, la présomption, l'avarice, l'hypocrisie, l'égoîsme, la charité, la bienveillance, la bienfaisance, la vertu, la sagesse etc.<br>
    <br>
    <br></span></font>
  </div>

  
]]></description>
        <pubDate>Sun, 20 May 2007 16:00:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.joseph-jacotot.com/article-6193589.html</guid>
                <category>Durietz: extraits choisis</category>        <comments>http://www.joseph-jacotot.com/article-6193589-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Durietz pages 157- 158]]></title>
        <link>http://www.joseph-jacotot.com/article-12356429.html</link>        <description><![CDATA[
  <blockquote>
    <br>
    <div align="justify" style="background-color: rgb(255, 255, 204);">
      <font size="3" face="Comic Sans MS"><br>
      Tout ce qui frappe les sens intéresse l'élève, excite vivement sa curiosité: c'est par les sens que nos premières idées pénètrent dans l'âme et produisent&nbsp; d'autres idées. Ainsi les
      questions adressées aux élèves ne sauraient être trop multipliées, puisque c'est par les questions qu'on les force à regarder, et conséquemment à comprendre, en leur donnant la preuve que s'ils
      ne parlent qu'en regardant les faits, leurs réponses seront toujours justes.<br>
      <br>
      Si au commencement les réponses sont quelquefois vagues et indécises, comme il doit toujours les justifier, l'élève perdra promptement l'habitude inconvenante de parler au hasard.<br>
      "En quel endroit de votre livre avez-vous vu ce que vous dites? "doit être la question perpétuelle. "Justifiez " doit être l'éternel refrain&nbsp; du maître.<br>
      <br>
      Le but à atteindre est de faire observer à l'élève un tout dans la liaison de toutes ses parties, à le lui faire regarder sous tous les sens et dans toutes ses relations, en rapportant toujours
      ce qui suit à ce qui précède, en ayant soin de ne fixer son attention sur un nouvel objet qu'après avoir épuisé ce qu'il y avait à voir dans le premier et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il ait
      acquis une grande habitude à voir un ensemble dans tous ses détails, pour les réunir et les considérer dans un seul tout.<br>
      <br>
      <br>
      Ensuite on demande à l'élève des réflexions générales sur des faits particuliers. Cet exercice qui se retrouve dans tous les autres exige une grande attention, en ce qu'il étonne l'élève au
      commencement par l'idée fausse que souvent il s'en fait, en particulier ceux qui ne voient rien dans les passages qui leur sont proposés.<br>
      <br>
      Quelques uns sont retenus par la crainte de trop peu dire, d'autres par celle de dire mal, et la plupart enfin par la disette d'expressions. On vaincra ces premières difficultés en les
      engageant à regarder les faits pour dire <em>ce qu'ils en pensent</em>, peu importe de quelle manière.<br>
      <br>
      Les premiers résultats seront d'abord peu de chose, le style se formera bientôt. Le point principal, c'est d'apprendre à regarder le fait; rien ne sera plus facile que d'écrire ensuite les
      réflexions qu'il ne manquera pas de faire naître.<br>
      <br>
      Il résulte de toutes les observations que le but de la méthode est de concentrer les élèves dans un cercle d'attentions continues. Contraints d'agir par eux-mêmes, ils doivent à chaque instant
      mettre leurs facultés en action pour obtenir un résultat qu'ils savent devoir être vérifié par le maître; tandis que dans la vieille routine, les opérations machinales où l'intelligence est
      presque sans action, loin de soutenir l'attention la détournent presque continuellement.<br>
      <br></font>
    </div>
  </blockquote>

  
]]></description>
        <pubDate>Mon, 14 May 2007 10:27:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.joseph-jacotot.com/article-12356429.html</guid>
                <category>Durietz: extraits choisis</category>        <comments>http://www.joseph-jacotot.com/article-12356429-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Durietz à propos de l'arithmétique]]></title>
        <link>http://www.joseph-jacotot.com/article-5628865.html</link>        <description><![CDATA[
  <font size="3" face="Comic Sans MS" style="background-color: rgb(255, 255, 204);"><span style="color: rgb(0, 0, 128);"><br style="font-family: Verdana; color: rgb(0, 0, 128);"></span></font>
  <div style="text-align: justify; font-family: Verdana; color: rgb(0, 0, 128); background-color: rgb(255, 255, 204);">
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3" face="Comic Sans MS">Pages 122 à 129<br>
      <br></font><font size="3" face="Comic Sans MS"><font size="4"><strong><span style="font-weight: bold;">ARITHMÉTIQUE</span></strong></font><br>
      <br>
      _______________________<br></font>
    </div><font size="3" face="Comic Sans MS"><span style="font-style: italic;"><br>
    <br>
    <br></span>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Prendre un livre d'arithmétique, en faire&nbsp; la lecture, raconter ce qu'on a lu et en faire la vérification, telle est toujours la méthode, d'après le mode
    d'<span style="font-style: italic;">unité</span> qui la caractérise.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Le choix du livre étant fait ( ce sera , par exemple, Bézout ou mieux encore l'arithmétique de <a style="font-weight: bold; font-style: italic; color: rgb(51, 153, 102);" href=
    "http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k107598s">Lacroix</a>, comme plus méthodique),&nbsp; l'élève lit les premières pages le plus vite possibe, afin d'arriver aux règles, ou plutôt aux faits
    d'où elles sont tirées.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; La NUMÉRATION&nbsp; lui apprend d'abord que la langue des calculs emploie dix mots simples, et dix caractères qui les représentent dans l'écriture. Quand il sait ces mots et
    ces signes, il voit par quel artifice, en les combinant avec les mots collectifs "centaine, mille, million, billion"</font> <font size="3" face="Comic Sans MS">etc., on peut composer et
    représenter tous les nombres imaginables.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Après avoir lu la numération, l'élève la raconte. Ensuite il réfléchit, et on vérifie s'il comprend bien ce qu'il a retenu.<br>
    On lui fait par exemple les questions suivantes:<br>
    <br>
    - Quand un nombre renferme des mille, combien a-t-il de chiffres?<br>
    - Quatre.<br>
    - Comment voyez-vous cela?<br>
    - En remarquant que les unités, les dizaines et les centaines, qui précèdent les mille, emploient trois chiffres.<br>
    -&nbsp; Dans quel ordre écrit-on les nombres?<br>
    - Les unités sont à droite, les dizaines à leur gauche, viennent ensuite et toujours en avançant vers la gauche, les centaines, les mille, etc.<br>
    -&nbsp; A quelle place sont les millions?<br>
    -&nbsp; A la septième&nbsp; vers la gauche.<br>
    -&nbsp; Pourquoi?<br>
    - Parce que les unités, avec leurs dizaines et leurs centaines occupent trois chiffres, et que les milles qui ont aussi leurs dizaines et leurs centaines en occupent trois autres. En tout six
    chiffres avant celui des millions.<br>
    -&nbsp; Comment ferez-vous représenter au chiffre 3 un nombre dix fois plus grand que celui qu'il exprime?<br>
    -&nbsp; En écrivant un zéro à sa droite.<br>
    -&nbsp; Comment ce nombre devient-il ainsi dix fois plus grand?<br>
    -&nbsp; Parce&nbsp; que étant alors à la seconde place, vers la gauche, il marque trois dizaines au lieu de trois unités.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Ces questions sont pour ainsi dire toutes posées dans le livre, et l'élève y répond d'après ses remarques.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; En faisant lire, relire, raconter et vérifier, on fera toujours copier avec soin à l'élève les nombres de son livre. Il faut qu'il y soit très exercé, car il n'y a pas
    d'écriture qui demande plus d'exactitude que celle des chiffres, ici les fautes d'orthographe ( si l'on peut s'exprimer ainsi comparativement ) renversent entièrement le sens de l'expression, et
    l'omission, l'addition d'un signe, ou sa mauvaise construction, en le rendant équivoque, conduisent à des résultats dont le moindre inconvénient est la perte de temps, et la suite, des erreurs
    dangereuses, quand leur absurdité n'est pas telle qu'elle frappe <span style="font-style: italic;">tout d'abord.</span> Le maître doit donc veiller à ce que l' élève écrive ses chiffres avec
    ordre et correction, et l'habituer à vérifier, avant tout calcul, l'expression des chiffres qu'il pose.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Arrivé à l'addition, l'élève prend le premier exemple proposé par l'auteur; il en écrit les nombres les uns sous les autres dans la même disposition, excepté celui placé sous
    la barre, qui est le résultat de l'opération. Ce résultat, l'élève doit s'appliquer à le trouver, d'après le procédé indiqué, chiffre par chiffre, dans le livre.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Quand il y est parvenu, il réfléchit sur tous les détails de ce qu'il a fait. Il raconte de quelle manière il a opéré, en regardant ses chiffres, afin de suivre son travail par
    ordre. Cette vérification lui montre :<br>
    <br>
    - Qu'il a d'abord écrit les nombres à additionner les uns aux autres, de manière que les chiffres de même ordre se trouvassent dans une même colonne de haut en bas; c'est à dire les unités sous
    les unités, les dizaines sous les dizaines, les centaines sous les centaines, et ainsi des autres.<br>
    <br>
    - Qu'ensuite il a tracé une ligne sous ces nombres, afin de séparer le résultat qu'il a cherché, et dont il&nbsp; écrit à mesure les chiffres sous cette ligne.<br>
    <br>
    - Qu'enfin, pour trouver ce résultat, il a ajouté les uns aux autres les nombres exprimés par les chiffres de la colonne des unités.<br>
    <br>
    - Qu'ayant trouvé dans la réunion de ces nombres un nouveau nombre contenant des dizaines et des unités, il a écrit ces unités sous la colonne correspondante.<br>
    <br>
    - Qu'il a retenu par la pensée les dizaines de ce même nombre pour les ajouter aux dizaines de la colonne suivante; qu'il a en effet compté les dizaines retenues avec le premier chiffre de la
    colonne des dizaines, qu'il y a successivement ajouté la valeur des autres chiffres de&nbsp; la même colonne en descendant, et que le tout ayant produit&nbsp; un nombre renfermant des centaines
    et des dizaines, il a écrit celle ci seulement, et retenu les centaines pour les ajouter à la colonne qui leur est réservée.<br>
    <br>
    - Qu'ayant opéré sur cette colonne comme sur les précédentes, il a trouvé des mille et des centaines, qu'il a écrit ces dernières et retenu les milles pour les joindre à la colonne des mille,
    sous laquelle il a posé le nombre tel qu'il l'a trouvé, parce qu'il n'y avait plus de colonne où il pût rien reporter. "<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; L'élève s'exerce en variant les nombres à additionner, et en multipliant les exemples il en rencontre où, la colonne des unités ne passant pas neuf, il y a tout à écrire et
    rien à retenir. Il en remarque dans lesquels les dizaines ne passant pas neuf, il n'y a pas non plus de centaines à reporter, et il écrit les dizaines trouvées, etc. Alors, en résumant ce qu'il a
    fait pour la première opération et ce que les autres lui ont appris, il se rend un compte général qu'il trouve en tout conforme à la règle prescrite par l'auteur pour faire l'addition.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Ainsi, en arithmétique comme en grammaire et en toute chose, c'est l'observation des faits, la réflexion et l'émancipation qui en résulte pour l'intelligence, qui conduisent
    l'élève à généraliser ses idées et à trouver lui-même les règles, et toujours sans explication du maître, dont la tache se borne à ce résumé:<br>
    <br></font>
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3" face="Comic Sans MS" style="font-weight: bold;">Lisez - Qu'avez -vous lu? - Relisez - Qu'avez-vous retenu? - Réfléchissez.- Quel rapport avez-vous aperçu ?<br>
      <br></font>
      <div style="text-align: justify;">
        <font size="3" face="Comic Sans MS">&nbsp;&nbsp;&nbsp; On lit ensuite jusqu'à la soustraction. On la fait comme indique l'auteur, en répétant tous les exemples et en les multipliant jusqu'à
        ce qu'on sache l'opération.&nbsp; En vérifiant tout ce qu'on a fait, on arrive à une récapitulation qui exprime la règle générale de <a style=
        "font-weight: bold; font-style: italic; color: rgb(51, 153, 102);" href="http://smdsi.quartier-rural.org/enseignement/lacroix.htm">Lacroix</a> pour soustraire un nombre d'un autre.<br>
        <br>
        Le maître fait des questions comme les suivantes:<br>
        <br>
        - Que faites vous quand le chiffre supérieur et l'inférieur sont de valeur égale.<br>
        - Que devient la valeur des zéros par-dessus lesquels vous passez pour emprunter plus loin? etc.<br>
        <br>
        N'oublions pas qu'en passant par une règle nouvelle, il faut sans cesse revenir sur ce qui précède. Ce n'est qu'ainsi qu'on grave la science dans la mémoire et qu'on réveille le
        raisonnement.<br>
        <br>
        On continue jusqu'à la multiplication. On ne peut faire cette opération qu'en sachant imperturbablement par coeur la table de multiplication. Il faut donc l'apprendre et la répéter tous les
        jours. Lacroix donne celle de Pythagore. Mais cette marche a l'inconvénient de n'être pas commode à étudier. Sa marche pour savoir, par exemple, combien font 3 fois 4, est de chercher dans la
        première colonne à gauche, en descendant le chiffre 3 et de suivre horizontalement jusque sous le chiffre 4 de la ligne transversale supérieure, où l'on trouve 12, ce qui exprime que 3 fois 4
        font 12. Ce procédé est trop long. Pour l'abréger, le maître fera bien de faire chercher à l'élève, dans cette table, les produits de tous les nombres multipliés par 2,&nbsp; et de les lui
        faire ranger en colonne , depuis 2 fois 2 jusqu'à 2 fois 9. Il fera de même extraire tous les produits des nombres depuis 3 jusqu'à 9 multiplié par 3, et ainsi du reste. On formera de cette
        manière une table comme nous la donnons <span style="color: rgb(0, 0, 128);">ici<br>
        <br>
        <img width="500" height="375" src="http://idata.over-blog.com/0/50/99/17/dscn0012.jpg" alt="" class="CtreTexte"></span><br></font>
        <div style="text-align: center;">
          <font size="3" face="Comic Sans MS"><br></font>
          <div style="text-align: justify; font-family: Verdana;">
            <font size="3" face="Comic Sans MS">&nbsp;&nbsp;&nbsp; L'élève s'exercera de deux manières sur cette table. Ainsi, après avoir dit 2 fois 3 font 6, 2 fois 4 font 8, il dira en commençant
            par le chiffre du milieu : 3 fois 2 font 6, 4 fois 2 font 8 etc.<br>
            &nbsp;&nbsp;&nbsp; Tout cela bien su, il apprendra la multiplication dans le livre comme il a procédé pour l'addition et la soustraction.<br>
            <br>
            &nbsp;&nbsp;&nbsp; Vient ensuite la division, dernière des quatre règles fondamentales sur lesquelles roule toute l'arithmétique. Tous les autres calculs n'étant que des combinaisons de
            l'addition, de la soustraction, de la multiplication et de la division, on ne saurait revenir trop souvent sur tous les détails de ces opérations.<br>
            <br>
            &nbsp;&nbsp;&nbsp; La table de multiplication est en même temps une table de division.<br>
            <br>
            &nbsp;&nbsp;&nbsp; Ainsi, l'élève qui sait que 2 fois 4 font 8, sait également que 8 contient 4 deux fois, ou 2 quatre fois. C'est un des rapports qu'il doit saisir et qu'on doit lui
            faire observer, mais seulement au moyen des questions.<br>
            <br>
            Quand l'élève sait la division, il passe successivement, et toujours de la même manière aux autres calculs de son auteur. Il insistera surtout sur <span style=
            "font-style: italic; font-weight: bold;">les proportions et les règles de trois</span> , et, s'attachant à tous les problèmes du livre, les répétant en changeantles nombres, en variant
            les conditions etc.<br>
            <br>
            <a style="font-weight: bold; font-style: italic; color: rgb(51, 153, 102);" href=
            "http://www.google.com/books?vid=0I3yXkP8rGT6j9ic&amp;id=ZpoDAAAAQAAJ&amp;pg=PA1&amp;lpg=PA1&amp;dq=Jacotot&amp;hl=fr#PPP14,M1">M. de Seprès</a> a publié un recueils de problèmes
            d'arithmétique et d'algèbre, pour joindre à ceux du livre qu'on vérifie.<br>
            <br></font>
            <div style="text-align: center;">
              <font size="3" face="Comic Sans MS"><br>
              <br>
              <br></font>
            </div>
          </div>
        </div>
      </div><font size="3" face="Comic Sans MS" style="font-weight: bold;"><br>
      <br>
      <br></font>
    </div><font size="3" face="Comic Sans MS"><br>
    <br>
    <br>
    <br></font>
  </div><font size="3" face="Comic Sans MS" style="background-color: rgb(255, 255, 204);"><br style="font-family: Verdana; color: rgb(0, 0, 128);"></font>

  
]]></description>
        <pubDate>Tue, 13 Feb 2007 09:30:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.joseph-jacotot.com/article-5628865.html</guid>
                <category>Durietz: extraits choisis</category>        <comments>http://www.joseph-jacotot.com/article-5628865-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Durietz,  à propos de la grammaire]]></title>
        <link>http://www.joseph-jacotot.com/article-5258708.html</link>        <description><![CDATA[
  <font size="3" face="Comic Sans MS"><br style="background-color: rgb(255, 255, 204);"></font>
  <div style="text-align: justify; color: rgb(0, 0, 128); font-family: Verdana; background-color: rgb(255, 255, 204);">
    <font size="3" face="Comic Sans MS"><br></font>
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3" face="Comic Sans MS"><br></font>
    </div><font size="4" face="Comic Sans MS"><br></font>
    <div style="text-align: center;">
      <font size="4" face="Comic Sans MS" style="font-weight: bold;">Vingtième exercice</font><font size="4" face="Comic Sans MS"><br style="font-weight: bold;"></font> <font size="4" face=
      "Comic Sans MS" style="font-weight: bold;">Vérification de la grammaire</font>
    </div><font size="3" face="Comic Sans MS"><br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous avons déjà vu que la vérification est cet exercice par lequel le maître fait rendre compte à l'élève de son travail. Dans la vérification de la grammaire, comme dans
    toutes les autres, on ne lui dit rien de ce qu'il peut trouver par lui-même; on&nbsp; le renvoie à ce qu'il a déjà appris dans son livre, lorsqu'il peut y trouver une explication. Comme il n'y a
    point de rang obligé pour les exercices de la méthode qui rentrent tous dans l'unité les uns des autres, il sera bien cependant de commencer la vérification de la grammaire aussitôt que l'élève
    sait cinq à six livres de son Télémaque, et de continuer cet exercice, en concurrence avec les autres, jusqu'à ce que la grammaire soit bien connue.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Lorsque l'on connait les faits de la grammaire, on est en état d'en trouver soi-même et d'en concevoir les règles. L'élève qui a appris par coeur un certain nombre de pages,
    lit une grammaire, et vérifie sur le texte les passages de son livre et les règles données par les grammairiens; toutes les grammaires qui se distinguent par la BRIÈVETÉ sont bonnes pour cela. Il
    expose au maître ce qu'il a trouvé , observé, et retenu. Il note ou souligne ce qu'il n'a pu trouver ou comprendre, afin de le découvrir dans une seconde vérification en lisant de nouveau sa
    grammaire.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Par exemple, trouve-t-il dans le premier châpitre cette définition du nom substantif: le nom est un mot qui sert à désigner une personne ou une chose; il sentira qu'il
    connaissait la règle d'avance, puisque nymphe, déesse etc;, servent à désigner des&nbsp; personnes; grotte, vaisseau, des choses etc. cet exercice ne doit être qu'un jeu, puisqu'il ne s'agit que
    de parler sur des choses déjà connues.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette marche est la même pour tous les genres de vérifications, car la méthode est UNE dans toutes ses applications, ce qui lui donne ce caractère de simplicité et d'uniformité
    qui la distingue de toutes les autres.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; L'élève achève donc ainsi sa grammaire en retrouvant ou dans ses souvenirs ou dans son livre toutes les règles de la grammaire, en prenant note de chaque exception qu'il ne
    trouve pas à justifier&nbsp; pour se la rappeler au besoin. Le maître doit chaque jour faire faire à l'élève la vérification de ce qu'il a appris. Ce procédé provoque l'attention et l'application
    des élèves, les habitue à réfléchir et à rapporter en même temps les passages de la grammaire au texte de leur livre.<br>
    <br></font>
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3" face="Comic Sans MS" style="font-style: italic; font-weight: bold;">Le Nom</font>
    </div><font size="3" face="Comic Sans MS"><br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; La grammaire dit: <span style="font-style: italic;">Le nom est un mot qui sert à nommer une personne ou une chose.</span><br>
    On trouve dans Télémaque Calypso, Ulysse, vaisseau, grotte.<br>
    <br>
    Grammaire: <span style="font-style: italic;">il y a deux sortes de noms: le nom commun et le nom propre. Le nom commun est celui qui convient à plusieurs personnes ou à plusieurs choses
    semblables.</span><br>
    Télémaque: homme, roi, arbre, habits etc.<br>
    <br>
    Grammaire: <span style="font-style: italic;">le nom propre est celui qui ne convient qu'à une seule personne ou une seule chose.</span><br>
    Télémaque: Leucothoë, Terosiris, Mentor, Ithaque, le Nil etc.<br>
    <br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; L'élève continue de la même manière la lecture de ce chapitre. Il raconte ensuite ce qu'il en a retenu.&nbsp; Exprimant d'abord la réflexion de la grammaire, qu'il justifie
    aussitôt par un exemple du livre.<br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp; Lorsque l'élève a fini la vérification de ce chapitre, on peut lui proposer un passage quelqconque de Télémaque, sur lequel il doit reconnaître les remarques qu'il a déjà
    faites. On lui demande, je suppose, de montrer dans la troisième page les noms propres et les noms communs, ceux qui sont au singulier, ceux qui sont au pluriel, les noms masculins et féminins
    etc.<br>
    <br>
    <br></font>
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3" face="Comic Sans MS"><span style="font-weight: bold; font-style: italic;">L'article</span> <span style="font-style: italic;">le, la, les</span></font>
    </div><font size="3" face="Comic Sans MS"><br>
    Grammaire: l'article est un petit mot que l'on met devant les noms communs et qui en fait connaître le genre et le nombre.<br>
    Télémaque: <span style="font-style: italic;">le vaisseau, le repas, la grotte, la porte, les fleurs, les ennemis,</span> etc.<br>
    Ainsi de suite pour ce chapître.<br>
    <br>
    Quand on rencontre des exceptions qu'on n'a pas les moyens de vérifeir, on en prend note pour s'en souvenir au besoin.<br>
    <br></font>
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3" face="Comic Sans MS" style="font-weight: bold; font-style: italic;">L'adjectif</font>
    </div><font size="3" face="Comic Sans MS"><br>
    Grammaire: l'adjectif est un mot que l'on ajoute au nom pour marquer la qualité d'une personne ou d'une chose.<br>
    Télémaque: <span style="font-style: italic;">Grand, belles, douces etc., Grand Ulysse, belles prairies, douces voix etc.</span><br>
    <br>
    Grammaire: quand un adjectif ne finit point par un e muet, on y ajoute un e muet pour le féminin.<br>
    Télémaque: <span style="font-style: italic;">Aucun, aucune;&nbsp; Aucun homme, aucune autre viande; brutal, brutale; air brutal, fierté brutale</span> etc.<br>
    <br>
    <br>
    <br></font>
    <div style="text-align: center;">
      <font size="3" face="Comic Sans MS" style="font-weight: bold; font-style: italic;">Régime des adjectifs</font>
    </div><font size="3" face="Comic Sans MS"><br>
    Grammaire:&nbsp; Pour joindre un nom à un adjectif précédent, on met de ou à entre cet adjectif et le nom: alors on appelle ce nom le régime de l'adjectif.<br>
    Télémaque: Semblable à son père; odieux à ses sujets; nécessaires à une vie simple; indigne de la sagesse et de la gloire; pleins de ces pensées etc.</font>
  </div>

  
]]></description>
        <pubDate>Thu, 21 Dec 2006 10:21:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.joseph-jacotot.com/article-5258708.html</guid>
                <category>Durietz: extraits choisis</category>        <comments>http://www.joseph-jacotot.com/article-5258708-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>
</rss>